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29 juillet 2008

Modern Lover

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Je vais partir en vacances dans une dizaine de jours…
Je ne sais pas si j'ai envie de discuter, peut-être la sensation d'épuisement mental qui me gagne inexorablement depuis quelques jours, l'impression d'avoir à dealer avec trop de sources de problèmes : l'argent, l'ex, l'enfant, l'avenir, le travail, les gens à convaincre, le fait de ne jamais pouvoir oublier ne serait-ce qu'une heure une seule de ces données…
Alors forcément il y a de moins en moins de place pour libérer mon esprit et venir ici.
Je ne peux pas écrire vraiment ce que je ressens parce que je ne veux pas avoir à m'en expliquer à des gens que je connais réellement.
Donc je ne veux pas mettre en scène ici quoi que ce soit de ma vie, ni faire de la littérature de bas étage ou me prendre moi-même en otage pour charrier de l'émotionnel.
Je ne peux pas poster vainement sur la musique que j'écoute parce que c'est un amplificateur trop fou pour que je trouve régulièrement les mots pour le dire.
Aujourd'hui j'ai lu l'interview de Louis Garrel, (la photo de Banier et géniale, ceci n'en est qu'un petit coin), j'ai tellement lu et à la fin je me suis demandé mais quand es-tu allée pour la dernière fois au cinéma, quand as-tu ouvert un livre et pas un magazine, quand as-tu pris ce temps infini pour regarder et calmer ton esprit ?
À chaque fois que je viens écrire ici j'ai l'impression de desserer un tout petit peu tous les liens qui m'attachent.
Mais c'est un tour de passe-passe, un exercice de style.
Un peu comme le fait, quand je suis triste, que je fasse toujours le clown, et qu'il n'y a que son regard attentif qui me déconcerte.
Alors quoi ? On va se dire en septembre mais je n'en suis pas sûre et là je n'ai qu'une envie : oublier qui je suis ou
Aht uh mi Hed comme le chante Shuggie Otis :
podcast

Ce que je suis

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© Avedon

Comme on m'en a parlé je suis allée voir ce regard qui change en à peine quelques années.
Le jeune homme au regard doux a fait place à un autre à l'air brumeux et désabusé de celui qui  s'envoie des trucs très forts et qui commence à avoir le regard flou.
Ici Paris, où je peux aussi mettre deux photos côte à côte : une où je suis gaie et entière, l'autre où j'ai laissé glisser un voile opaque et noir sur mes yeux. Suis-je devenue plus élégante? Certainement.
Est-ce que je me plante à la sortie des concerts chaussée de boots noires et en jean sombre et étroit sur le pavé parisien : oui.
Est-ce que j'ai eu le courage de rencontrer tes yeux entre quelques verres ? Non surtout pas.
J'ai une chape de plomb sur les épaules, tu n'es pas à Paris alors je erre à vide.
Pour me faire changer d'air : Love "Alone again or"


Yeah, said its all right
I wont forget
All the times Ive waited patiently for you
And youll do just what you choose to do
And I will be alone again tonight my dear

Yeah, I heard a funny thing
Somebody said to me
You know that I could be in love with almost everyone
I think that people are
The greatest fun
And I will be alone again tonight my dear



28 juillet 2008

Something is happenin' here

bobdylan.jpg

Je n'ai jamais pu écouter Bob Dylan.
Son côté crincrin grinçant, sa voix souvent empreinte de tics me hérisse.
Le côté incontournable me donne envie de lui filer un coup de pied dans l'harmonica.
Et ce n'est parce qu'il y a eu ce film il y a quelques mois que ça a changé quoi que ce soit.
Et puis parfois le discours patient et passionné de certains ouvre mon esprit légèrement obtus.
J'ai encore cette futilité de l'esprit de piquer au hasard une chanson d'après le titre, alors j'ai écouté ça (sur Blonde on Blonde) : Most likely you go your way and i'll go mine…
Et je suis tombée en bloc sur tout ce que je pensais ne jamais trouver chez Bob Dylan : le côté je m'en foutiste, le rythme hypnotique et dense, cette pose si classe, la voix dans le souffle, éraillée ; l'envie d'attraper un sac et de partir sans se retourner et cette phrase que j'ai envie de te balancer I'm gonna let you pass





You say you love me
And you're thinkin' of me,
But you know you could be wrong.
You say you told me
That you wanna hold me,
But you know you're not that strong.
I just can't do what I done before,
I just can't beg you any more.
I'm gonna let you pass
And I'll go last.
Then time will tell just who fell
And who's been left behind,
When you go your way and I go mine.

You say you disturb me
And you don't deserve me,
But you know sometimes you lie.
You say you're shakin'
And you're always achin',
But you know how hard you try.
Sometimes it gets so hard to care,
It can't be this way ev'rywhere.
And I'm gonna let you pass,
Yes, and I'll go last.
Then time will tell just who fell
And who's been left behind,
When you go your way and I go mine.

The judge, he holds a grudge,
He's gonna call on you.
But he's badly built
And he walks on stilts,
Watch out he don't fall on you.

You say you're sorry
For tellin' stories
That you know I believe are true.
You say ya got some
Other kinda lover
And yes, I believe you do.
You say my kisses are not like his,
But this time I'm not gonna tell you why that is.
I'm just gonna let you pass,
Yes, and I'll go last.
Then time will tell who fell
And who's been left behind,
When you go your way and I go mine.

nb : je continue à explorer les autres disques.

27 juillet 2008

Funkytown

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Si j'étais un cliché de parisienne germanopratine, je me serais levée franchement pas tard et j'aurais pris un café au petit suisse en regardant le Luco.
J'aurais feuilleté les cahiers du cinéma (enfin surtout ce numéro !) et je serais allée voir ou revoir un Antonioni.
Mais demain je me lèverais vraiment trop tôt, je discuterais avec mon enfant, je le déposerais chez sa nounou, et je rentrerais travailler sur un coffret de 300 titres à compiler, sur des photos, la journée passera à la vitesse de l'éclair… Mais peut être que je me rappelerais de faire un tour au kiosque vite fait et que je lirais "le grand entretien" (!!!) demain soir vers 1h.
Ou peut être tout simplement que je serais en "off" un matin de cette semaine !!! et que je verrais la brume dégager les arbres du Luco devant un café, les Cahiers ouverts devant moi, les jambes tranquillement allongées sous la table.

Road to nowhere

Hier et sans penser à mal, quelqu'un balance d'un seul geste des années de souvenirs et de fétichisme concentrés dans un objet insignifiant.
Sur le coup parce que je ne sais pas me mettre en colère, et parce que cette personne n'est pas mon ami, je me contente de raccrocher le téléphone après avoir marmonné des phrases toutes faites, sans oublier de souhaiter poliment de bonnes vacances.

Et dans le bus 86, sous un soleil de plomb, j'ai fondu en larmes, le noir dévale sur mes joues au milieu des touristes et des vieux.

Ce matin je me suis réveillée comme après avoir miraculeusement échappé à la gueule de bois : d'humeur joyeuse et fantasque, en route vers l'inconnu et débarrassée de souvenirs encombrants.

Un vieux Spiritualized "Ladies & Gentlemen… we're floating into space" :

podcast


et 2 chansons du dernier :




26 juillet 2008

Lotus eater

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Cette note il faudrait que la réécrive des dizaines de fois pour qu'elle soit bien écrite. Que je lui ôte toute précipitation.
Mais ce ne serait plus le jeu du blog.
Il y a quelques temps j'étais à un concert de Rufus Wainwright avec mon "je ne sais pas comment le qualifier" et (c'était la première fois que nous y allions ensemble) je scrutais ses yeux, son visage où je ne voyais qu'amusement poli et léger ennui.
Et j'avais envie de le secouer et de lui dire mais tu vois pas comme ce mec transcende son désespoir et sa joie d'un claquement de doigts là devant nous et avec tant de légèreté, comme tous ses musiciens sont aussi fous que lui, comme il nous emmène loin et fort ?
Après le concert au bar de la Cigale il y avait ceux qui erraient le visage illuminé et les autres, et lui il était avec les autres.
J'imagine que plein de filles, de celles qui réussissent leur vie de couple, auraient dépassionné tout ça.
Moi j'étais triste.
Alors que je peux dépasser le quotidien (de toute façon je n'ai ni haine ni amour pour lui, c'est là comme ça, pourquoi en faire un cheval de bataille?), j'ai besoin, et c'est vital, de sentir qu'on peut sortir tous les deux, toute la nuit, être ivres mais se sauver l'un l'autre de la solitude de l'ivresse, danser au même rythme ou seuls et se retrouver (de toute façon et comme le remarquait ariane, j'aime les gens qui dansent seuls dans leur transe : merci Jonathan Richman), rentrer s'écrouler de toute façon on se retrouvera plus tard, le temps c'est une notion ; et si tu veux lire un livre moi j'aime bien que tu lises trop.
En seconde j'étais follement amoureuse d'Alex qui était en terminale et on lisait plein de livres, il me ramenait des vynils (pourquoi j'ai perdu mon Stones Roses, mon Smiths? il ne me reste que le James), on s'écrivait des lettres ; on parlait et c'était pas des mots. Ce sentiment là je ne sais même plus à quoi il peut ressembler.

podcast

24 juillet 2008

I was wearing blue jeans

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Un vieux jean pas terrible, une paire de ciseaux et voici des jambes heureuses de prendre le soleil.
De là à ce que j'ose me balader ainsi dans les rues de Paris il y a une marge… incertaine.
Je cherche ce qui va avec mon humeur de ce soir : évidemment grâce aux commentaires de Baptiste je serais assez tentée de mettre I Want You d'Elvis Costello mais j'ai peur que ce soit mal compris, donc je passe.
Phoenix : c'était la quintessence de l'énergie juvénile et leur premier album United est une bombe.
J'aime ce côté intense, désespéré ou tellement heureux qu'on a à 20 ans (-Mal-heureusement pour moi je suis restée comme ça).
Je suis toujours aussi addict à Summer days, If I ever feel better, Honeymoon (celle-ci est vraiment ma préférée), Too young évidemment :

Too Young : Baby when I saw you turning at the end of the street
I knew a time was gone and it took me like ages
Just to understand that I was afraid to be a simple guy
I tried my best to smile but deep inside my heart
I felt it was shouting like a crowd dancing
I guess I couldn't live without the things that made my life what it is
Can't you hear me calling oh yeah / Everybody's shaking oh yeah
Tonight everything is over / I feel too young

I can't lie on my bed without thinking I was wrong
But when this feeling calls this world becomes another
Nighttime won't hold me in your arms again
I got a very good friend who says he can't believe the love I give
Is not enough to end your fears
I guess I couldn't live without the things that made my life what it is

Can't you hear me calling oh yeah / Everybody's dancing oh yeah
Tonight everything is over / I feel too young

Oh rainfalls and hard times coming they won't leave me tonight
I wish I knew what I was doing
Just do let this spirit survive
Can't you hear me calling oh yeah
I guess I couldn't live without the things that made my life what it is
Can't you hear me calling oh yeah / Everybody's dancing oh yeah
Tonight everything is over / I feel too young



Un aimant

calanque.jpg

J'avais écrit une petite note sur Marseille où finalement j'ai décidé d'aller.
Soleil, calanques et langueur au lieu de stress, concerts et foule de semi-connaissances professionnelles en Bretagne.
Il y avait un petit appel à la bonne adresse mais je préfèrerais que vous m'écriviez directement par mail plutôt que dans les commentaires.
Enfin : as you like it baby comme dit Belmondo dans À bout de souffle (excusez-moi je suis affreusement snob culturellement).
Donc jolies calanques accessibles en bus, bons restos, brunchs, shopping : tout pour que j'oublie Paris ; que je reparte de zéro.
J'aimerais dormir une nuit et me réveiller sans penser à lui.
Comme un aimant oui, mais parce que je me sens toujours aimante quand je pense à lui ; aimante et bienheureuse.

22 juillet 2008

Soft statue in stilettos

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Italiennes, petit talon aiguille (enfin 5 cm quand même), et adorées. Trouvées dans cette minuscule boutique du Marais appelée le dressing room qui présente toujours deux ou trois paires de chaussures géniales. J'ai beau avoir cédé aux spartiates à talons, cette petite paire ultra délicate remporte tous mes suffrages. J'étais avec mon amie cricou et nos deux mains se sont tendues fébrilement ensemble vers la dernière paire qui trônait au milieu du magasin ! Hum, il ne restait qu'un 36…
Sinon du côté cool et plat de mes sandales les dernières arrivées :
kj.jpg
 
Qui viennent relayer leurs consoeurs acquises sur place pendant un été adolescent :
rondini.jpg
Ouais je sais… des Rondini ET des K. Jacques… une vraie poule de luxe.
Luxe relatif car je ne possède que ces 2 paires de sandales.

D'ailleurs pour moi saint tropez c'est avant tout une maison dans les collines, construite pierre après pierre par mon grand-père, avec son jardin en terrasses de citronniers et d'orangers, croulant sous les fleurs, ses persiennes de bois sombre, les symphonies qu'on écoutaient le soir en chuchotant petits, les draps bleus et frais, les siestes à l'ombre des murs de pierre pendant que les cigales crissaient et que le soleil frappait le toit ; plein de souvenirs de toute petite enfance et d'adolescence, et puis cette maison est vendue maintenant ; il ne reste que les tropéziennes dans mon placard.
Et comme il y a une chanson qui ne quitte plus mon esprit, du genre à me plonger dans des abîmes… et que je n'arrive pas à la trouver pour la mettre ici… vous pouvez cliquer là pour l'écouter.



21 juillet 2008

You do wrong

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Acheté ce bidule amapp… Essayé de le porter sans ressembler à un pâtre grec… Ceci plus une espèce de combishort fait d'une matière plus qu'hasardeuse (du polyacrylique peut être)… Je me décerne donc un fucking A en matière de fashion, tout ceci va rentrer tranquillement à sa petite maison rue vieille du temple !!!
Sinon ayant joué les apprenties rédactrices de mode pour Wow (ah! il faudra être au rdv en septembre) j'avoue avoir trouvé mon manteau que dis-je ma cape de petit chaperon noir pour l'hiver... Il a fallu me raisonner pour que je la rende tout à l'heure, en plus c'est pas vraiment le truc qui va me tenir chaud en novembre au prochain festival Inrocks (ou autant dire qu'il y du foutage de gueule niveau qualité), mais tu seras mienne petite chérie, car tu me vas comme un gant (oui toi la cape) !
Comme me l'a dit Ersatz vendredi "pense Anita Pallenberg et tu ne peux pas te planter".
Bon et puis j'avais décidé de me rendre à la route du rock mi-août munie de mon appareil photo afin de ramener un reportage bouillant de rock à Wow ; mais je crois que trop de flirt avec la vacuité de certains commence à me peser.
Vous rencontrez des gens ils ont des flots de remarques à faire en permanence, le genre exprès pour énerver, gêner.
Avant je fonçais tête baissée dans le piège, aujourd'hui j'ai appris que tout ça n'est qu'aigreur et complexes mal dissimulés.
Vous aimeriez que tout soit simple mais non vous vous retrouvez à gérer l'agressivité de post-ados, de filles trentenaires mais visiblement en pleine crise de féminité mal assumée… Avez-vous remarqué comme certaines filles sont toujours à la recherche du conflit ?
Avec certaines c'est tout de suite bien ou pas mais simple. Avec d'autres il faut subir un flot de rancoeurs ou je ne sais quoi.
ça va du simple je te dis bonjour un jour sur 2, à la petite réflexion acide, au ragotage infernal dès que vous avez le dos tourné.
Passer trois jours certes à voir de supers concerts mais entourée de plomb commence à me poser question ; je ne sais pas quoi décider.
Y aller et m'en foutre malgré l'ambiance délétère qui règne dans ce groupe.
Ne pas y aller et regretter.
Mon route du rock que j'aime… Tindersticks (la dernière fois que je les ai vu j'ai pleuré comme au cinéma), Foals, Midnight Juggernauts…
Zut.
Pour refléchir rien de mieux que The Woodentops "You make me feel" :

podcast


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